Quel est ton attachement personnel à ce territoire ?
En 2006, il y a 20 ans déjà, j’avais eu la chance de pénétrer cette cordillère totalement méconnue à l’invitation d’un ancien pêcheur rencontré sur place, un visionnaire, un précurseur, qui avait pressenti l’intérêt majeur que revêtait cette cordillère pour les touristes qui se pressent dans le parc national Torres del Paine ou à Ushuaïa. Il avait ainsi totalement réaménagé son bateau pour accueillir nos groupes de voyageurs. Nous avons vécu des moments forts ensemble sur cette terra incognita. Il a ensuite cédé ce savoir-faire à son fils, qui a investi dans un nouveau bateau avant de changer de métier.
Je suis retourné fréquemment en cordillera Darwin, sur les très rares bateaux qui nous donnaient accès à cette région mythique et totalement préservée. A chaque fois, les voyageurs qui ont eu la chance de pénétrer les lieux avec nous sont revenus ébahis. En 20 ans, je peux dire que jusque-là rien n’a changé sur place, ou presque : les glaciers reculent là-bas comme ailleurs. Mais à chaque fois que j’ai la chance d’y retourner, l’émerveillement est intact, comme lors de ce dernier voyage en mars.
Un conseil pour nos voyageurs ?
Terres Oubliées propose là un voyage réellement exceptionnel, et osons le dire : unique au monde. Très rares sont les agences de voyage dans le monde à connaître les lieux comme nous, et quasiment aucune ne connaît l’équipage avec lequel nous travaillons aujourd’hui. L’itinéraire actuel est le plus abouti que nous ayons jamais offert, puisqu’il permet, outre la navigation en cordillera Darwin, de pénétrer ensuite l’intérieur de la Terre de Feu chilienne, à la rencontre des derniers Gauchos, depuis un lodge secret qui nous donne les clés de ce territoire encore vierge de tourisme.
Mais depuis l’année dernière, un changement se profile avec l’arrivée d’une piste carrossable au fond du Seño Almirantazgo, qui donne accès au fjord Parry, sans aucun doute l’un des plus beaux de toute la région. On peut désormais accéder à ce fjord à la journée, ce qui était impossible jusqu’à présent. Nous en profitons pour accéder à la Terre de feu chilienne et compléter notre itinéraire de façon optimale, mais nul doute que dans les années à venir le tourisme va venir impacter ce territoire. Il ne faut donc plus attendre pour aller explorer cette « ultima cordillera » !