Mal aigu des montagnes (MAM)
Il n'existe pas de règle absolue en matière de mal aigu des montagnes (MAM). Certaines personnes, pourtant habituées à évoluer en haute altitude, peuvent en présenter les symptômes, tandis que d'autres, sans aucune expérience préalable, ne rencontreront aucune difficulté. Chaque organisme possède sa propre sensibilité à l'altitude et sa capacité d'acclimatation, qui peuvent varier en fonction de nombreux facteurs et d'une période à l'autre.
Contrairement à une idée reçue, la proportion d'oxygène dans l'air reste la même (20,9 %) quelle que soit l'altitude. En revanche, la pression atmosphérique diminue au fur et à mesure de l'ascension. La concentration d'oxygène reste de 20,9 %, mais la quantité d'oxygène disponible à chaque respiration diminue avec la pression atmosphérique. Chaque inspiration apporte donc moins d'oxygène utilisable par l'organisme.
Sommet
Altitude
Pression
atmosphérique (≈ env.)
Oxygène disponible*
Niveau de la mer
0 m
1013 hPa
100 %
Mont Blanc
4 810 m
540 hPa
≈ 53 %
Kilimandjaro
5 895 m
500 hPa
≈ 49 %
Pic Lénine
7 134 m
410 hPa
≈ 40 %
Everest
8 849 m
330 hPa
≈ 33 %
Le processus d'acclimatation
Face à cette diminution de l'oxygène disponible, l'organisme met en œuvre plusieurs mécanismes d'adaptation :
- la respiration s'accélère afin d'apporter davantage d'oxygène ;
- le rythme cardiaque augmente pour mieux distribuer l'oxygène aux tissus ;
- les reins stimulent la production d'érythropoïétine (EPO), une hormone qui favorise la fabrication de globules rouges.
Les premières adaptations apparaissent dès les premières heures et se poursuivent au cours des jours suivants. La production supplémentaire de globules rouges débute après environ 24 à 48 heures, mais une acclimatation complète nécessite généralement 10 à 15 jours, voire davantage selon l'altitude atteinte.
Les principaux symptômes
- Maux de tête (céphalées)
- Nausées, parfois accompagnées de vomissements
- Troubles du sommeil (insomnie) ;
- Fatigue
- Perte d'appétit
- Œdèmes localisés, principalement au réveil (mains, paupières, visage). Les femmes y sont généralement plus sujettes.
Il est tout à fait normal de ressentir certains effets lors de la montée en altitude. Heureusement, ce sont des symptômes bénins dans la majorité des cas. Nos itinéraires sont spécialement conçus pour favoriser une acclimatation optimale : journées consacrées à l'acclimatation, progression progressive, application de la règle « monter haut, dormir plus bas » et limitation du gain d'altitude entre deux nuits successives à environ 400 à 500 mètres dès les hautes altitudes.
De plus, nos guides et nos équipes sont formés pour repérer les premiers signes du MAM, parfois avant même que les participants ne s'en rendent compte. Ces symptômes peuvent facilement être confondus avec ceux liés à la fatigue du voyage, au décalage horaire ou aux conditions de séjour. C'est pourquoi il est essentiel de rester attentif à leur apparition, à leur intensité et surtout à leur association. L'expérience de nos guides permet d'en évaluer la gravité et d'agir rapidement si nécessaire.
Les cas de MAM sévères restent rares lorsque l'acclimatation est progressive et que les étapes prévues sont respectées. Dans de rares cas, un MAM peut évoluer vers des formes graves : l'œdème pulmonaire de haute altitude (OPHA) ou l'œdème cérébral de haute altitude (OCHA). Ces urgences médicales imposent une descente immédiate et une prise en charge rapide.
La mesure la plus efficace consiste à perdre rapidement de l'altitude. Une descente de quelques centaines de mètres peut parfois suffire à améliorer nettement l'état de la personne, même si une évacuation plus importante est parfois nécessaire selon la gravité.
Pour nos trekkings en haute altitude, nous mettons également à disposition un caisson hyperbare portable (Certec). Le principe est simple : le participant est installé à l'intérieur du caisson, qui est ensuite mis sous pression à l'aide d'une pompe manuelle ou électrique. L'augmentation de la pression reproduit artificiellement les conditions d'une altitude inférieure, généralement de 1 500 à 2 000 mètres plus bas. Cette « descente virtuelle » augmente la quantité d'oxygène disponible pour l'organisme et permet de stabiliser temporairement le malade en attendant une véritable descente ou une évacuation. Le caisson ne constitue pas un traitement définitif, mais un moyen de gagner un temps précieux lorsque les conditions rendent la descente immédiate difficile.
La meilleure prévention
La prévention repose avant tout sur une bonne gestion de l'acclimatation. Pour limiter les risques, nous recommandons de :
- arriver en bonne condition physique et veiller à être suffisamment reposé dans les semaines précédant le départ ;
- boire abondamment, environ 2 à 3 litres d'eau par jour ;
- respecter les étapes d'ascension prévues par l'itinéraire ;
- adopter un rythme de marche lent et régulier, en évitant les efforts brusques ;
- signaler immédiatement tout symptôme inhabituel à votre guide, même s'il vous paraît bénin ;
- privilégier une alimentation légère, riche en glucides et facile à digérer. En altitude, le système digestif fonctionne plus lentement ; il est préférable d'éviter les boissons très froides le soir et de privilégier les boissons chaudes (thé, tisanes, infusions).
Vous pouvez également envisager de réaliser un test d'effort sous hypoxie, proposé dans plusieurs centres hospitaliers et laboratoires spécialisés. Sans permettre de prédire avec certitude la survenue d'un MAM, il évalue votre réponse physiologique au manque d'oxygène et peut fournir des conseils personnalisés pour préparer un séjour en altitude.
À cette occasion, ou lors d'une consultation avec votre médecin, celui-ci pourra éventuellement vous prescrire de l'acétazolamide (Diamox®). Ce médicament favorise l'acclimatation en stimulant la ventilation : il entraîne une légère acidification du sang, ce qui incite naturellement l'organisme à respirer plus profondément et plus rapidement. Il peut être prescrit à titre préventif, en débutant le traitement un à deux jours avant l'ascension, et peut également être recommandé en curatif pour traiter un MAM léger.
Comme tout médicament, le Diamox® peut entraîner des effets secondaires. Les plus fréquents sont des fourmillements au niveau des doigts, des orteils ou du visage, une augmentation de la fréquence des mictions (c'est un diurétique), ainsi qu'une modification du goût des boissons gazeuses. Une bonne hydratation est indispensable pendant le traitement. Chez certaines personnes, votre médecin pourra également juger utile de surveiller l'équilibre en électrolytes, notamment le potassium.