Les Philippines : Une mosaïque culturelle entre traditions animistes et héritages coloniaux
Avec une configuration archipélagique, des étapes sur la route de la soie maritime, diverses invasions, trois siècles de colonie espagnole et cinquante ans de tutelle américaine, les Philippines ont développé une grande richesse multiculturelle et multiethnique. Une centaine de minorités ethniques répartie sur l’ensemble du territoire forme la mosaïque culturelle philippine. Populations majoritairement chrétiennes ne laissant pas pour autant de côté les croyances animistes d’antan qui sont encore respectées et pratiquées. Ces communautés animistes se distinguent par leurs différences de dialectes, de traditions et de modes de vies. Quatre grands groupes principaux se détachent :
• Les Igorots
On désigne par Igorot les tribus des montagnes de la cordillère centrale de Luzon. Parmi eux les ethnies les plus importantes sont les Ifugaos, les Bontocs, les Kalingas, les Apayaos, les Kanakan-Ey… Ces tribus pratiquent toujours de nombreux rituels et croyances animistes, ainsi que leurs cultures ancestrales du riz en terrasses. Selon la tradition les femmes pratiquent l’art du tissage, un art magique qui leur apporterait la sagesse. Dans les villages il est courant d’observer des femmes confectionnant châles, couvertures ou ceintures de couleurs chatoyantes. Ces tribus montagnardes sont principalement connues sous le surnom de « coupeurs de têtes ». Les chasses entre tribus adverses étaient encore pratiquées au début du 20ème siècle et furent immortalisées en images par les colons américains (de surprenants clichés sont exposés au musée ethnographique de Bontoc).
- Les Negritos ou Agtas
Considérés comme les peuples premiers des Philippines, ils sont au nombre de 50000 individus environ sur l’ensemble du pays. Majoritairement nomades ils vivent de la chasse, la pêche et de l’agriculture. Ils se distinguent par leur petite taille, leur peau foncée et cheveux crépus, et sont victimes d’une forte discrimination raciale aux Philippines.
• Les Mangyans
Désigne les groupes ethniques peuplant l’île de Mindoro et sont divisés en sept groupes ethnolinguistiques dont les principaux sont les Hanunoo et les Batangan.
• Les Manobo
Désigne les groupes ethniques de Mindanao, dont la majorité se proclame de confession musulmane. Convertis à l’Islam à partir du 15eme siècle, en réalité ces tribus allient encore de nos jours Islam et croyances animistes.
Tradition locale : les combats de coqs
Passion indétrônable des philippins, les combats de coqs sont un véritable sport national et chaque famille possède au minimum un ou deux coqs. Après avoir énergiquement crié leurs mises, le combat est aussi rapide que violent et le perdant fini immanquablement à la casserole.
La Banka : Emblème maritime des Philippines
La banka (ou bangka) est bien plus qu’un simple bateau : elle est un symbole de la culture maritime philippine, utilisé depuis des siècles par les pêcheurs et les communautés côtières. Son nom vient du mot malais bangka, qui désigne une embarcation traditionnelle en bois, et son usage s’est répandu dans tout l’archipel philippin, où la mer est au cœur de la vie quotidienne.
À l’origine, les bankas étaient de petites embarcations de pêche, construites artisanalement avec des matériaux locaux. Aujourd’hui, elles sont devenues un moyen de transport polyvalent, utilisé aussi bien pour la pêche que pour le transport de passagers ou de marchandises entre les îles. Leur rôle est essentiel dans un pays composé de plus de 7 000 îles, où les liaisons maritimes sont souvent plus pratiques que les routes terrestres.
La banka se distingue par sa structure en bois léger, souvent en bambou ou en bois de cocotier, et ses flotteurs latéraux (appelés katig ou outriggers), qui lui donnent une stabilité remarquable, même par mer agitée. Ces flotteurs, fixés de chaque côté de la coque, permettent à la banka de naviguer en toute sécurité, y compris près des récifs coralliens ou dans les lagons peu profonds.
Traditionnellement, le bois est privilégié, mais certaines bankas modernes intègrent des éléments en fibre de verre ou en métal pour plus de durabilité. À l’origine propulsées à la rame ou à la voile, les bankas sont aujourd’hui souvent équipées de moteurs hors-bord, ce qui les rend plus rapides et adaptées aux trajets entre les îles. Leur taille varie selon leur usag : petite embarcation pour 2 ou 3 pêcheurs, jusqu'aux banka accueillant des voyageurs pour naviguer.